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Les plus belles expériences de Physique

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» Discussion disponible en mode résumé (13 messages)

Le 15 mai à 18:33 #

Je pensais plus à "c'est pas sorcier"

Le 15 mai à 18:40 #

Si c'est bien payé, je veux bien faire le guignol à la télé en tenue de cosmonaute... Par contre, je ne suis pas très chaud pour la greffe de menton...

Le 16 mai à 22:11 #


Très bonne expli de Kweeky sur le pendule de Foucault et l'expérience de Cavendish.

Je rappelle que j'ai fait tout un dossier sur ce thème avec moultes illustrations et il est vrai que je n'ai pas abordé cet aspect de changement de référentiel (je le mettrai en note qq part un de ces 4) :

dossier sur l'effet Coriolis et sur le pendule de Foucault
On peut encore aller plus loin car (réflexion de E.Mach qui avait inspiré fortement Einstein), on peut très bien se demander ce que sont ces foutues "étoiles lointaines" et cela revient à se poser la question sur le thème de l'inertie.

Quant à Cavendish, une expérience du tonnerre que j'aimerais "voir" de mes propres yeux...

La meilleure vidéo que j'ai trouvée pour la voir (en différé) : http://www.palais-decouverte.fr/index.php?id=1397

(Modifié par newtoon le 16-05-2008 à 22:13)

Le 16 mai à 23:34 #

Kweeky super chouette topic et bien argumenter je pense que beaucoup de personnes s'intéressent à la science mais sans très bien y comprendre grand chose , vont y trouver pas mal de réponses et en plus c'est amusent de pouvoir refaire chez soi c'est petite expériences !

Très , très bon topic , éducatif , ludique et instructif !

Merci l'ami !

Ajout du 16-05-2008 à 23:37:

P.s petit coucou à Toy , jft , Newtoon , Scrofaxdu89 .

Ajout du 16-05-2008 à 23:38:

Bisous Pyrenne !



et amitié Ben !

Le 17 mai à 09:19 #

Salut,

Encore merci à tous. Et bravo à Newtoon pour son site ! Vraiment formidable ! J'ai lu les dossiers sur les "forces" centrifuges et de Coriolis, et c'est vraiment très bien fait. Chapeau, car c'est tout sauf évident d'expliquer le phénomène physique réel qu'il y a derrière les lois. J'avais fait la même remarque que toi quant à l'introduction de la force de Coriolis lors de mes études de Physique : le prof nous avait montré qu'effectivement les formules de changement de repère faisaient apparaitre des nouveaux termes qui correspondaient aux forces inertielles. Un point c'est tout. Ensuite s'en suit tout plein d'exercices "d'application" de ces lois (style une charge qui se déplace le long du bras d'une grue qui tourne, et autre "joyeusetés" du même genre), mais d'explication "avec les mains", aucune. Cela dit, on n'a pas trop le temps pour ça en prépa...

Pour ce qui est des idées de Mach, que tu cites dans ton post, je pense qu'il n'est pas inutile d'en dire un peu plus, car c'est quelque chose qui n'est abordé que superficiellement lors des études scientifiques, quand c'est abordé. J'ai justement hésité d'en parler dans mon post sur Foucault, je ne voulais pas faire plus long que trop long.

Mach s'est posé la question suivante : comme on l'a vu, et comme le site de Newtoon l'explique très bien, les "forces" d'inertie (j'utilise le terme force, je sais, mais j'ai mis des guillemets, ça compte ? ) proviennent du fait, simple et étonnant, que tous les objets ont tendance à garder leur état de mouvement. C'est le principe de l'inertie : si un objet n'est soumis à aucune force (ou à des forces qui se compensent toutes), il continuera à se déplacer à sa vitesse actuelle et en ligne droite, et ce tant qu'une force n'agira pas sur lui. On dit qu'il a un mouvement rectiligne uniforme. D'où l'affaire du "rocker" (toutes mes condoléances à ton ami rocker au fait ) qui, loin d'être éjecté par la force centrifuge, a en fait continué d'avancer en ligne droite alors que sa camionnette tournait. Mais pourquoi les objets font-ils ça ? Pourquoi le principe de l'inertie ? En gros, pourquoi est-on déporté sur la droite si on tourne à gauche, ou pourquoi est-on poussé en avant lorsqu'on freine ? Donc Mach se pose cette question. Il voudrait savoir quelle est l'origine des forces d'inertie.

On peut alors imaginer l'expérience suivante. On va dehors, lors d'une nuit claire et étoilée. On emporte avec soi deux petites haltères. En se plaçant dans une zone dégagée, on tend les bras à l'horizontale, chacun portant une haltère, et on se met à tourner sur soi-même en levant la tête et en regardant les étoiles. On va s'apercevoir de deux choses : les étoiles se mettent à tourner (non, sans blague), et les haltères vont tirer sur nos bras à cause de la "force" centrifuge. Jusqu'ici rien de neuf sous le Soleil. Mais on sait que tout mouvement est relatif, et que si la personne tourne par rapport à l'Univers, l'Univers tourne aussi par rapport à la personne. Donc Mach se pose la question suivante : que se passerait-il si la personne reste fixe, les bras tendus, et que quelque chose (Dieu ?) se mette alors à faire tourner l'ensemble de l'Univers autour de lui (cette partie de l'expérience s'appelle une "expérience de pensée", car forcément elle est un peu dure à réaliser en vrai) ? Si le principe de relativité est correct, la situation est la même, et les mêmes effets devraient être observés, et donc les haltères devraient se mettre à tirer sur les bras de notre ami. En gros les forces d'inertie seraient dues aux interactions de l'objet avec tous les objets de l'Univers, y compris les plus éloignés. Cette idée très bizarre permettrait d'expliquer le fait suivant :

* si un astronaute démarre le moteur de sa fusée, il ressent une accélération, alors que son copain resté sur la Terre n'en ressent pas. Car l'astronaute accélère par rapport à la Terre qui peut-être considérée comme une bonne approximation de référentiel galiléen pendant un temps suffisamment court.

* si on imagine un univers entièrement vide, avec juste l'astronaute dans sa fusée, ressentirait-il une accélération s'il démarrait sa fusée ? Car si l'Univers est vide, par rapport à quoi peut-on dire qu'il accélère ? De même si l'Univers est vide avec seulement deux astronautes ayant chacun une fusée, si l'un démarre, qui ressentira l'accélération ? Car en l'absence de tout autre matière, la situation est symétrique et qui permet de dire que le vaisseau dont le moteur ne marche pas est un meilleur référentiel galiléen que le vaisseau qui a démarré ?

Cela dit, comme le faisait remarquer Feynman :

Pour autant que nous le sachions, Mach a raison : personne n'a à ce jour démontré l'inexactitude de son principe en supprimant tout l'univers pour constater ensuite qu'une masse continuait éventuellement à avoir une inertie !


le "principe" de Mach n'est donc pas un principe scientifique, car il est intestable (sauf avoir des contacts privilégiés avec Dieu le père) et restera donc à l'abri de l'expérience. Cela dit il permet de se poser des questions intéressantes et de s'apercevoir que même des théories "anciennes", comme la mécanique de Newton (fin du XVIIème) posent des problèmes qui sont loin d'être triviaux.

@+

P.S.: comme on s'est bien pris la tête (à deux mains), la prochaine fois je parlerai d'une chose beaucoup plus simple, et je vous montrerai comment avec du matos courant (i.e. que tout le monde a chez soi), on peut déterminer l'ordre de grandeur de la taille d'une molécule. Les élèves de Seconde n'ont pas le droit de souffler et de vendre la mêche...

Le 17 mai à 10:24 #

Merci pour les compliments Kweeky,

C'est amusant que nous ayons été confrontés au même problème concernant l'explication des forces d'inertie en milieu universitaire.

Mon histoire sur le HardRocker est véridique (c'est une proche amie du défunt qui me l'a raconté en tout cas et elle n'avait aucune raison de me mentir).

Je constate par tes remarques et explications que tu disposes d'un excellent niveau et un grand intérêt pour la vulgarisation. Ta dernière expli sur Mach est la plus limpide et intéressante que j'ai probablement jamais lue sur ce sujet : je l'ai donc pompée pour un futur dossier que je construis doucement sur le thème de l'inertie.

J'ai hâte de connaître cette petite expérience dont tu parles (et que je ne connais pas a priori).

PS 1 : pour l'anecdote, j'ai moi aussi (et plus que Kweeky) faillit passer à la télé pour TF1 (j'ai participé cette année au tournage d'une émission pour un Prime-Time un samedi soir). Malheureusement, l'expérience que je devais faire a à moitié râté et on a coupé la séquence au montage. Dans un sens, tant mieux.

PS 2 : Merci pour ton salut, Nico7413 !

(Modifié par newtoon le 17-05-2008 à 10:25)

Le 17 mai à 14:35 #


Kweeky et Newtoon !
Je prend grand plaisir à vous lire sur ce topic et à apprendre des choses que je n'ai eu hélas la chance d'apprendre à l'École car de mon temps ses courts n'existaient pas !

Pour une fois un site propose un topic instructif , riche et intéressant !

Le 17 mai à 17:52 #

Bonjour,

Je vais maintenant vous parler de l'expérience de Franklin, normalement bien connue des élèves de seconde.

En 1774, Frankin fait la manip suivante : il verse une cuillère à café d'huile à la surface de l'étang de Clapham dans les environs de Londres. Comme chacun le sait, l'huile ne se mélange pas avec l'eau (l'huile et l'eau ne sont pas miscibles) et l'huile reste à la surface de l'eau, car plus légère. L'huile va alors s'étaler à la surface de l'eau sur une très grande surface. Ici, je n'ai pas réussi à trouver une valeur exacte, il y a plusieurs sources qui donnent des valeurs de plusieurs centaines à plusieurs milliers de m² : ce qui est sûr c'est que la surface recouverte par ce film d'huile va être très importante. En contrepartie, l'épaisseur du film d'huile va être très petite, si petite qu'il devient impossible de le détecter par la vue. Mais Franklin remarque que partout où l'étang est recouvert d'huile, la surface est calme et n'est pas dérangée par le vent qui va créer des rides à la surface, là où il n'y a pas d'huile. (L'expression mer d'huile vient de là, et dans l'Antiquité, les marins versaient de l'huile dans la mer pour calmer les vagues. Même si le principe est bon, j'ai des doutes quant à l'efficacité pratique d'une telle opération par gros temps. Si quelqu'un a des infos là-dessus, je suis preneur). Il arrive donc à déterminer la surface de la couche d'huile. Et il s'arrête là. Dommage... Heureusement, plus tard, Lord Rayleigh a une idée géniale : il divise le volume d'huile versé par la surface de la couche d'huile, afin d'obtenir l'épaisseur de la couche d'huile, et il trouve une valeur de l'ordre du nanomètre. Un nanomètre (nm), c'est une longueur vraiment petite, un milliard de fois plus petite qu'un mètre (1 nm = 0,000 000 001 m). Pour donner un ordre d'idée, un virus (qui est quand même tout petit) va mesurer une centaine de nanomètres. Si on considère que l'huile va s'étaler au maximum au dessus de l'étang, l'épaisseur minimale que le film d'huile peut atteindre sera la taille d'une molécule : on a un film monomoléculaire. La valeur trouvée est donc un ordre de grandeur de la taille de la molécule d'huile. (Je dis bien un ordre de grandeur, car la détermination du volume d'huile versé ainsi que de la superficie du film d'huile sont difficiles à réaliser avec une très grande précision).

Cette expérience historique peut être réalisée à la maison avec très peu de moyens techniques. Il faut juste un minimum de soin et de rigueur afin que les résultats soient un tant soit peu significatifs. Comme un étang, ça prend de la place, on va utiliser une simple bassine remplie d'eau. Pour être sûr d'avoir une couche monomoléculaire d'huile, il faudra donc en déposer très peu, bien moins qu'une cuillère à café. Juste une goutte. Et même une goutte, ça risque d'être trop. Que faire, alors ? Et bien on va diluer l'huile dans un solvant volatif, comme de l'éther ou de l'acétone. Par exemple une solution au 1/500 ème. L'intérêt de la manoeuvre est double : comme l'huile sera diluée, la quantité d'huile versée sera plus petite que la quantité de solution versée. Si la dilution est au 1/500ème, cela voudra dire que si on versait 500 mL de solution, il n'y aurait qu'1 mL d'huile versée. On est sûr de déposer une quantité petite d'huile à la surface de notre bassine. L'autre intérêt est le fait que le solvant soit volatil. Comme on va versé une petite quantité de solution (une goutte), le solvant va facilement pouvoir s'évaporer, et il ne restera que la toute petite quantité d'huile à la surface de l'eau. Le principe est donc tout bête : on prépare une solution d'huile d'olive dans de l'éther (par exemple), et on en verse une goutte à la surface de l'eau. Problèmes qui se posent :

* comment va-t-on pouvoir mesurer la surface du film d'huile qui va se former à la surface, sachant que celui-ci est invisible, car très très fin ?
* comment savoir quel est le volume d'une goutte ?

Pour le premier problème, il existe une solution ingénieuse : on recouvre la surface de l'eau avec du talc. Lorsque la goutte d'huile en solution va toucher l'eau et s'étaler, elle va écarter le talc. La "flaque d'huile" sera donc parfaitement matérialisée et visible.

Pour le deuxième problème, le soucis vient du fait qu'une goutte, c'est tout petit. Si je verse une goutte d'huile dans un verre doseur, je n'atteins pas, et de loin, la première graduation. L'idée est donc la suivante : pour un liquide donné, et en utilisant le même compte-goutte, la taille des gouttes sera à peu près constante. Il suffit de compter le nombre de gouttes qu'il faut pour faire 1 mL, en faisant tomber l'huile au goutte à goutte dans une éprouvette graduée. Si vous n'avez pas de récipient gradué au mL (c'est quand même pas courant en cuisine), il faudrait faire ça avec une quantité plus grande, mais du coup le nombre de goutte sera plus important et on risque de se lasser très vite. En moyenne, on doit trouver de l'ordre d'une quarantaine de goutte pour faire 1 mL. De là, on connait le volume d'une seule goutte. Comme on connait la concentration de la solution d'huile (puisqu'on l'a préparé avec soin), on connait le volume d'huile d'olive présent dans une goutte de solution, c'est-à-dire le volume d'huile d'olive qui sera versé à la surface de l'eau.

Une fois la goutte versée, il suffit de mesurer la surface de la tâche d'huile. Normalement, la tâche d'huile est presque circulaire (c'est une conséquence des phénomènes de tension superficielle). On peut donc estimer sa surface en estimant son diamètre (Vous savez tous calculer l'aire d'un disque à partir de son diamètre, non ? ). Si on veut plus de précision (mais est-ce vraiment la peine, puisqu'on cherche juste un ordre de grandeur), il existe une méthode astucieuse, bien que difficile à mettre en oeuvre : on place une plaque de verre au-dessus de la bassine, et avec du papier calque, on décalque la tâche d'huile. Puis on découpe le dessin de la tâche, et on pèse le morceau de papier calque ainsi découpé avec une balance de précision. On pèse ensuite une feuille de papier calque entière. Le rapport des deux masses est égal au rapport des deux surfaces. Et on connait la surface d'une feuille entière, car on sait calculer l'aire d'un rectangle (n'est-ce pas ? ).

Et bien si on divise le volume d'huile par la surface de la tâche (attention aux unités, c'est un très bon truc pour se planter), on obtient une longueur de l'ordre du nanomètre. Comme quoi ça marche...

Cela dit, ça a l'air facile comme ça. C'est toujours facile quand on explique. La réalisation est moins évidente, mais c'est possible, après quelques essais infructueux afin de bien mettre au point le protocole.

Un dernier mot sur une propriété intéressante de la couche d'huile : les molécules "d'huile" (d'acide oléique exactement) sont des molécules allongées, ayant des extrémités qui ont des propriétés différentes :



La partie gauche, qui comporte des atomes d'oxygène (en rouge) est hydrophile : elle a une certaine affinité pour l'eau. C'est la partie qui est en contact avec l'eau. La partie de droite, qui est une longue chaine hydrocarbonée (formée d'atomes d'hydrogène et de carbone) est hydrophobe : elle n'aime pas l'eau : elle restera en contact de l'air. Cela implique donc que les molécules d'huile vont se disposer verticalement à la surface de l'eau, la tête hydrophile plongée dans l'eau, et la queue hydrophobe en l'air. Une petite animation pour voir ce que ça donne (cliquer sur "Pourquoi" lorsque c'est demandé).

Je finirai en vous conseillant la lecture de ce texte très intéressant de Pierre-Gilles de GENNES sur le sujet, ainsi que le visionnage de cette vidéo qui vous permettra de voir comment ça se passe.

@+
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