
La centrale nucléaire de Tricastin émet, accidentellement, 30 m3 de produits contaminés à l’uranium. Scénario catastrophe ? Non, c’est tout simplement ce qu’il s’est passé dans la nuit du 7 au 8 juillet. Les préfets ont pris des mesures et ont interdit la consommation d’eau. Pourtant, on nous explique que le rejet n’est pas dangereux. Alors, dangereux ou pas ?
La centrale de Tricastin est située dans la Drôme. La fuite intervenue lundi soir a déversé 30 m3 de produits contenant 12 grammes d’uranium par litre. Une petite multiplication suffit à nous faire peur : le total serait de 360 Kg d’uranium perdu dans la nature.
Les réactions à l’accident ont été rapides : interdiction de boire de l’eau potable issus des puits, interdiction de la baignade, de la pêche, de l’irrigation agricole. En fait, les produits radioactifs se sont infiltrés au niveau du sol de la centrale même. Une partie a suivi un chemin plus courant, celui des eaux pluviales, rejoignant la rivière, puis le fleuve voisin : le Rhône.
Une société spécialisée, la dénommée
Socatri, s’est vite mise au travail afin d’évaluer le taux de pollution des eaux. Au moment du pic, elle a trouvé un chiffre 1000 fois plus élevé de contamination par rapport à ce que préconise l’OMS pour de l’eau de consommation. On comprend pourquoi il ne faut pas boire de cette eau. Malgré tout, les experts estiment que
les conséquences radiologiques pour les populations devraient être négligeables. Une phrase alambiquée qui montre bien, avec quelle prudence, il faut traiter ce genre d’accident.
Il ne faut donc pas boire d’eau venant des nappes phréatiques locales. Ces points d’eau vont être surveillés de façon à suivre la dispersion de l’uranium dans les mois qui viennent. Il faudra juste être sur que l’uranium ne s’est pas fixé ailleurs.
Les gardes fous du nucléaire signalent qu’avec cette fuite la centrale dépasse de 100 fois son rejet autorisé pour une année. On estime que l’activité de l’uranium rejeté correspond à 9 200 MBq (mégabecquerels).
Les deux tours de la centrale de Tricastin
On veut nous rassurer. On ne s'empêchera pas d'émettre des doutes.. surtout lorsque dans la même journée, le quotidien
Le Monde publie un article qui se demande pourquoi on trouve plus de leucémies infantiles près des centrales nucléaires...
La fréquence accrue des leucémies infantiles près de sites nucléaires reste inexpliquée
Sources :
Le Monde,
criirad
gardenisto
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9/07/2008