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Six renvois en justice après l'accident du Concorde

Technologie L'enquête sur le seul et unique accident mortel ayant impliqué un supersonique Concorde (en juillet 2000) vient d'aboutir au renvoi de six responsables dont une personne morale. La fatalité n'est pas au nombre des prévenus : il semble que des incidents similaires aient eu lieu sans qu'on en tire suffisamment les leçons...


Rappelons que ce tragique accident a résulté d'une improbable conjugaison de facteurs ; qu'on en juge. Une lamelle métallique perdue par un DC10 de Continental, six minutes avant le passage du supersonique provoque l'éclatement d'un pneu. Les débris de ce pneu ou d'autres débris perforent le réservoir 5, situé au-dessus et en arrière du train d'atterrissage. Un autre débris coupe peut-être une gaine électrique dans le logement du train, provoquant un court circuit et une étincelle.



Le crash du concorde, filmé depuis l'autoroute.

Le carburant pulvérisé remonte par le flux turbulent né du train et s'enflamme au contact de l'étincelle. La flamme gagne les réacteurs 2 puis 1, qui « pompent » par ingestion de carburant ou de gaz chauds ou des deux. La perte de puissance à gauche fait dévier l'avion et l'incline sur sa gauche, le roulis et la forte incidence amènent la distorsion de la veine d'air des réacteurs 3 et 4 dont la poussée chute à son tour. L'avion tombe comme une pierre sur un hôtel. Son altitude n'aura jamais dépassé trente mètres au cours du vol fatal. On relèvera 113 victimes.

Comme pour le Titanic, à tout moment cette chaîne causale aurait pu être interrompue et même évitée, par exemple si la lamelle avait été déposée en début et non en fin de piste ; la vitesse du Concorde était en effet de 175 noeuds quand le pneu est passé dessus.

L'enquête a permis d'incriminer la Continental pour défaut d'entretien – la lamelle provient bien du capot moteur d'un DC10 - mais plusieurs personnes physiques ont été inquiétées : le technicien ayant usiné la lamelle en titane, métal très dur, alors qu'elle aurait dû être en acier ; son supérieur hiérarchique, et trois responsables français de Concorde, à qui la justice reproche d'avoir mal géré les incidents précédents sur le supersonique.

Incidents dont six ont trait à l'éclatement d'un pneu provoquant la perforation d'un réservoir ! L'accident de Roissy était donc le septième du genre !

En 1979 notamment, un Concorde d'Air France partant de Washington s'était posé en catastrophe après le même type de mésaventure. La justice a estimé qu'on a négligé de renforcer les réservoirs.

Précisons que l'accident a permis à la société Michelin de développer un pneu spécial pour les vols ultérieurs des Concorde, en remplacement des Goodyear.

Le procès aura lieu en 2009 au tribunal correctionnel de Pontoise, territorialement compétent.

Source: AFP

Auteur Ludwig  Lectures 619  Commentaires 0  Date de publication: 7/07/2008
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